Une nouvelle contrebasse pendant Jazz à Vienne N°11

Contrebasse « tribute » épisode 11

Petit feuilleton amoureux sur la création d’une contrebasse à Vienne

Avant de fermer la caisse, les luthiers signent leur instrument. Nous apposons donc nos signatures à l’aide de nos marques, un fer chauffé qui vient graver la table et le fond. Côté intérieur, bien sûr.

La table et le fond sont collés à l’ancienne, à la colle chaude. Elle offre l’énorme avantage de pouvoir se décoller facilement pour une réparation ou un réglage futur. Une autre colle risquerait d’arracher des parties de bois de l’une ou l’autre pièce.

On commence par imbiber de colle les tasseaux qui présenteront une surface de collage en bois « de bout » (avec les pores du bois ouvertes) afin de nourrir le bois avant le collage final. Le serrage se fait ensuite grâce aux « vis à tabler » tout le tour de l’instrument.

Cette technique permet d’ajuster jusqu’au bout la structure d’éclisses – qui est toujours un peu souple encore – au dessin précis de la table.  Une fois le collage pris, on peut chanfreiner les champs des deux faces, en étant particulièrement attentif à ne pas couper le talon, cette partie du fond qui doit recouvrir la jonction avec le manche et qui reste seule « dans l’air ».

Le contrebassiste du jour

Sylvain ROMANO

Né à Marseille en 1980. Pour compléter un groupe de rock, il va prendre des cours de basse et découvre la contrebasse. C’est le coup de foudre. Alors qu’il est promis à un avenir de hautes études, il choisit la contrebasse à 19 ans. A Paris où il est monté se perfectionner, il rencontre Stéphane Belmondo qui va le prendre sous son aile. Il joue dans la formation de Lionel Belmondo, l’Hymne au soleil, et avec Yusef Lattef, Billy Hart…Depuis 2 ans, il est le contrebassiste du trio de Pierre de Bethmann.

Sa contrebasse:

Lors d’un voyage à NY, je suis passé chez David Gage (The référence…300 contrebasses peut-être dans le magasin) et j’ai tout de suite flashé sur une contrebasse toute cassée, pleine de pansements. Elle venait d’être déposée par un célèbre contrebassiste qui lui avait trouvé une remplaçante pendant sa réparation et s’y était attaché (parfois, on délaisse la vieille compagne pour une jeune). Comme elle était considérée comme difficilement réparable, elle était à un petit prix mais elle avait vraiment un son énorme. J’ai donc acheté cet instrument signé Juzek, un luthier tchèque qui a fait fortune en créant un atelier de lutherie aux US. Elle avait un manche immense qui lui valait son nom de Big Bertha! J’ai fait raccourcir le manche pour la mettre à ma main. Depuis, ma petite centenaire ne me quitte plus!

Ses contrebassistes préférés:

Impossible de tous les citer, j’aime autant ceux de la West Coast que ceux de l’East Coast.  En vrac: Red Mitchel, Sam Jones, Charlie Haden, George Duvivier, Paul Chambers…

Son coup de coeur pendant le festival:

Cécile McLorin Salvant le 12 juillet.

Pour l’écouter avec le Lionel Belmondo 4tet.

Voir son site

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