Une nouvelle contrebasse pendant Jazz à Vienne N°10

Contrebasse « tribute » épisode 10

Petit feuilleton amoureux sur la création d’une contrebasse à Vienne

La contrebasse, c’est un arc à quatre cordes! Paradoxalement, un fond plat subit plus de contraintes mécaniques lorsqu’on joue qu’un fond bombé. En effet, le profil d’un fond bombé ressemble à celui d’un longbow (le grand arc anglais), affiné sur les extrémités et plus épais au centre. De ce fait, lorsque l’âme – la pièce de bois qui se coince entre le fond et la table – appuie sur le fond bombé, celui-ci réagit naturellement comme un ressort et répartit toute la pression sur la totalité du fond. Le fond plat n’a pas cette caractéristique. On le renforce donc par une large traverse – le sommier – au droit du chevalet et de l’âme, et par des barrages, en haut et en bas de la caisse. Sur la photo, on distingue aussi des petits « boutons » carrés de bois. Collés à la colle à chaud, ils agissent ici comme des agrafes pour sécuriser l’assemblage en quatre morceaux du panneau et éviter un fendillement qui pourrait apparaître dans le temps. De l’autre côté de la caisse (photo du bas), on colle la barre d’harmonie sur la face interne de la table, une longue pièce qui suit la ligne des cordes basses en soutenant le pied gauche du chevalet et propagera la vibration de celui-ci sur toute la longueur de l’instrument . L’âme, qui mettra en phase les deux faces de la caisse de l’instrument, servira de second pied au chevalet. Cependant, elle ne se positionne pas exactement au droit du pied. C’est ce léger décalage qui fait tout l’intérêt du réglage puisqu’il place en quelque sorte le chevalet en suspension.  Pour pouvoir pleinement s’exprimer, le son doit s’appuyer sur un corps en vibration.
On peut voir aussi sur la première photo les contre-éclisses, lamelles de bois clair qui viennent doubler l’épaisseur de la structure d’éclisse sur la tranche pour augmenter la surface de collage avec les deux faces. Elles contribuent aussi à rigidifier l’ensemble, tout comme les barrettes verticales en bas de caisse que nécessite la profondeur inhabituelle de l’ensemble.

Le contrebassiste du jour


Sébastien François

Sébastien est diplômé du département Jazz du conservatoire de Lyon.
Depuis 2006, Il se consacre à la composition du répertoire de son trio (collaboration avec M. PEREZ, D. PATROIS, F. CASAGRANDE …).
Il se produit également dans diverses formations Jazz et en orchestre symphonique.

Sa contrebasse:

Ma contrebasse est une Tournier fabriquée à Mirecourt (probablement vers la fin du XIXème), elle a une forme de gambe avec un fond bombé.
J’en ai fait l’acquisition en 1996 … et 20 ans plus tard elle me plaît toujours autant !

Ses contrebassistes préférés:

Drew GRESS, Mark HELIAS, Dave HOLLAND, Larry GRENADIER, Thomas MORGAN …

Son coup de cœur pendant le festival:

La soirée avec Scofield, Melhdau, Giuliana le 7 juillet (hier soir…zut c’est passé: allez les voir la prochaine fois!)

Voir son site

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